Un jardin, ce n’est pas que des plantes qu’on plante et un sol qu’on entretient — c’est aussi tout ce qui y vit. Chez moi à Auriol, j’essaie d’avoir un jardin attractif pour la faune, même si je suis encore loin de ce que je projette. Mais mes rangées de lavande à l’entrée de la maison, quand elles sont en fleurs, c’est déjà un vrai spectacle : des dizaines d’abeilles, de bourdons, de papillons qui butinent en même temps.
Ce que je remarque surtout, c’est que beaucoup de gens ont peur des insectes — guêpes, criquets, mantes religieuses, araignées — sans vraiment les connaître. C’est plus de l’ignorance qui entraîne la peur qu’un vrai danger. Ce guide raconte ce qu’on croise vraiment dans un jardin du Sud, saison après saison, et pourquoi j’ai fait le choix de cohabiter plutôt que de tout traiter ou détruire au moindre nid.

Ce qu’on croise dans un jardin méditerranéen, saison après saison
En été, ce sont les cigales et les tarentes qui dominent, avec les chauves-souris qui viennent s’installer. Toute l’année, ce sont surtout les oiseaux — j’ai installé des nichoirs et des mangeoires pour ça. Les lézards verts, eux, je les croise plus rarement, contrairement aux tarentes qui sont omniprésentes sur les murs.
Et puis il y a les insectes, énormément d’insectes — les abeilles qui adorent les lavandes, mais tout un tas d’autres espèces, y compris celles qui posent parfois des petits soucis pratiques : guêpes maçonnes sur les volets roulants, guêpes classiques dans les coffres de rangement ou les cabanes des enfants.
Les cigales : le son de l’été
Chez moi, les cigales démarrent mi-juin à fin juin en général. L’ambiance qu’elles créent fait partie du décor — ça ne me dérange pas, c’est le son de l’été, ça berce.
Un jeu que les enfants adorent : ramasser les exuvies, ces enveloppes vides que la larve de cigale laisse accrochées aux troncs et aux murs après sa dernière mue. Un soir d’été, on en a ramassé 150 en 15 minutes sur une zone de 20 m² seulement. C’est à ce moment-là qu’on mesure vraiment la densité de cigales qui vivent dans le jardin sans qu’on les voie — on n’entend que leur chant, jamais l’insecte lui-même la plupart du temps.
Les tarentes : les repérer et cohabiter
Les tarentes — ces petits geckos gris qu’on trouve un peu partout dans le Sud — restent surtout sur les murs, souvent cachées derrière un coffre ou derrière une pierre. Je les reconnais facilement depuis que je suis enfant, donc ça ne m’a jamais posé de question. Mes propres enfants sont curieux face à elles : le soir en été, ils se positionnent volontiers non loin des lampes extérieures, parce que les tarentes viennent s’y poster pour manger les papillons et les autres insectes attirés par la lumière. C’est un vrai petit spectacle nocturne.

Les chauves-souris : locataires discrètes de l’été
Chaque été, des chauves-souris viennent se réfugier dans mes combles. Il m’est même arrivé d’en trouver une qui avait passé la nuit repliée dans mon parasol. Elles ne posent aucun problème au quotidien — elles sont discrètes, actives la nuit, et participent activement à limiter les moustiques et autres insectes volants autour de la maison.
Les oiseaux du jardin : nichoirs, mangeoires, et les nids qu’on n’attend pas
Toute l’année, ce sont les oiseaux qui animent le plus le jardin. J’ai installé des nichoirs et des mangeoires pour les attirer, et ça fonctionne : rouge-gorge, bergeronnette, mésange, sittelle torchepot passent régulièrement. Les pigeons ramiers, eux, nichent chaque année dans mon frêne.
Mais les oiseaux ne se limitent pas aux nichoirs qu’on leur installe. Un jour, j’ai découvert qu’un oiseau avait fait son nid directement dans mon enrouleur de tuyau d’arrosage — resté immobilisé plusieurs semaines pendant que j’attendais patiemment que les oisillons s’envolent avant de m’en resservir.
Ce goût pour les nichoirs et les mangeoires méritait son propre article : le détail de mes 4 nichoirs, les espèces observées et les erreurs à éviter est dans nichoirs et mangeoires au jardin, mon retour d’expérience à Auriol.
Abeilles, bourdons, papillons : le spectacle des lavandes
C’est sans doute ce qui me fait le plus plaisir dans le jardin : mes rangées de lavandes résistantes à la sécheresse, à l’entrée de la maison, attirent en pleine floraison une quantité impressionnante d’abeilles, de bourdons et de papillons en même temps. C’est un vrai régal à observer, et ça confirme ce que je découvre année après année : les plantes adaptées au climat ne sont pas seulement plus faciles à entretenir, elles sont aussi bien plus généreuses pour la faune locale que des espèces exotiques.

Guêpes, fourmis, et la peur qui vient de l’ignorance
Les guêpes maçonnes font régulièrement leur nid sur mes volets roulants. Les guêpes « classiques » préfèrent les coffres de rangement ou les cabanes des enfants. Ce sont des colocataires qu’il faut gérer, mais qui ne justifient pas systématiquement destruction et panique — la plupart du temps, une identification correcte de l’espèce et un peu de recul suffisent à savoir si une intervention est vraiment nécessaire.
Ces deux guêpes ont désormais leur article dédié : identification, biologie (les guêpes maçonnes chassent des araignées qu’elles paralysent pour nourrir leur larve), et pourquoi je ne les traite pas de la même façon — dans guêpe maçonne et nid de guêpes au jardin, mon retour d’expérience à Auriol.
Et pour le frelon asiatique, qui a fini par s’inviter dans mon sac à pinces à linge, c’est ici.
Les fourmis, chez moi, viennent parfois jusque dans le salon pour récupérer quelque chose tombé par terre — elles peuvent être très nombreuses d’un coup. Depuis que je connais un peu leur comportement, je les laisse faire : une fois la source de nourriture disparue, elles repartent d’elles-mêmes.
Pourquoi je laisse faire — mon principe avec les haies
Mes haies de laurier-tin et de photinia-eleagnus, je les taille tôt au printemps, puis je ne les touche plus de toute la saison — précisément pour ne pas déranger leurs habitants. C’est le même principe que pour le traitement naturel des pucerons : intervenir de façon ciblée quand c’est nécessaire, mais laisser le reste du jardin vivre sa vie le plus possible.
Les erreurs les plus fréquentes — et comment les éviter
Questions fréquentes
Les tarentes (geckos) sont-elles dangereuses ?
Non, absolument pas. La tarente commune du Sud de la France ne mord pas, n’est pas venimeuse, et se nourrit d’insectes — elle est même plutôt utile à avoir autour de la maison.
Faut-il détruire un nid de guêpes maçonnes ?
Pas systématiquement. Les guêpes maçonnes sont solitaires, peu agressives et ne défendent pas leur nid de façon groupée contrairement aux guêpes sociales. Si le nid n’est pas dans une zone de passage fréquent, il est souvent possible de le laisser en place jusqu’à la fin de la saison.
Comment attirer les oiseaux dans son jardin ?
Installer des nichoirs adaptés aux espèces locales et des mangeoires régulièrement réapprovisionnées est le point de départ le plus simple. Laisser certaines zones du jardin moins entretenues (haies, tas de bois, végétation dense) offre aussi des abris naturels supplémentaires.
Pourquoi les cigales sont-elles si bruyantes dans le Sud ?
La chaleur et la sécheresse estivale sont particulièrement favorables aux cigales, dont les mâles chantent pour attirer les femelles. Plus l’été est chaud, plus leur activité — et donc leur chant — est intense et prolongée dans la journée.
Les chauves-souris dans les combles sont-elles un problème ?
En général non — elles sont discrètes, ne rongent rien et ne construisent pas de nid comme les oiseaux. Elles rendent même service en régulant les populations de moustiques et d’insectes volants autour de la maison pendant l’été.