Je composte depuis 7 ou 8 ans maintenant. Ce qui m’a poussé à commencer, c’est tout simplement le gaspillage : voir des éléments naturels — des épluchures de fruits et légumes par exemple — jetés dans une poubelle qui finira je ne sais où. D’un côté c’est du gâchis, de l’autre ça sature ma poubelle. Que des inconvénients à ne pas composter.
J’ai investi dans un premier petit composteur de 200L. Sous le climat du Sud, ce n’est pas juste une question de bac et de patience — la chaleur change complètement la donne. Voici ce que j’ai appris, avec mes erreurs incluses.

Où trouver un composteur : les aides des municipalités
Avant de parler emplacement et entretien, un point pratique trop peu connu : beaucoup de municipalités et métropoles distribuent des composteurs gratuitement ou à prix très réduit. En changeant de maison, j’ai demandé un modèle de 600L à la Métropole Aix-Marseille-Provence — gratuitement. Ils proposent aussi des lombricomposteurs de 300L pour ceux qui préfèrent cette méthode. Ça vaut le coup de se renseigner auprès de sa mairie ou de son intercommunalité avant d’acheter : ce composteur, plus grand que mon premier, est celui que j’utilise aujourd’hui.
L’emplacement : la leçon de l’ombre
Avec mon premier composteur, je l’avais placé sous la fenêtre de ma cuisine — pratique, je pouvais le remplir facilement en sortant les épluchures. Mais sous la chaleur, un compost en plein soleil a tendance à sécher beaucoup trop vite. C’est pour ça qu’il faut choisir le bon emplacement dès le départ : à l’ombre. Mon composteur actuel est positionné à l’ombre, derrière la cabane dédiée au traitement de ma piscine.
Ce que je mets dans mon composteur
J’y mets énormément de choses : épluchures, tonte de pelouse, feuilles mortes, cendres de barbecue, carton non imprimé et sans colle, coton-tiges, mouchoirs… L’équilibre, on l’acquiert avec l’expérience, mais il faut d’abord connaître la différence entre matières vertes (humides, riches en azote) et matières brunes (sèches, riches en carbone). En principe, on cherche à avoir environ deux tiers de matière sèche pour un tiers de matière humide.

| Matières brunes (sèches) | Matières vertes (humides) |
|---|---|
| Feuilles mortes | Épluchures de fruits et légumes |
| Carton non imprimé, sans colle | Tonte de pelouse fraîche |
| Cendres de barbecue (bois uniquement) | Marc de café, sachets de thé |
| Coton-tiges, mouchoirs en papier | Résidus de taille verts |
Ce qu’il ne faut jamais mettre au compost
Certaines matières sont à exclure systématiquement, quel que soit le climat : viande, poisson et produits laitiers (odeurs, attirent les nuisibles), plantes malades (le compost ne monte pas toujours assez en température pour tuer les pathogènes), et litières d’animaux carnivores. Dans le Sud, j’ajoute une vigilance particulière sur les mauvaises herbes montées en graines et — mon expérience avec le frêne le prouve — sur toute feuille ou débris végétal porteur de graines qu’on ne veut pas retrouver ressemé dans ses massifs.
L’entretien en été : arrosage et retournement
En été, j’arrose un peu le compost — sans ça, même à l’ombre, la chaleur du Sud finit par tout dessécher et la décomposition s’arrête. Je le retourne une fois toutes les deux semaines, pour aérer la matière et accélérer le travail des micro-organismes.

Le compost n’est qu’une partie de la gestion des déchets verts du jardin. Les branches issues de la taille des haies, elles, passent plutôt dans mon broyeur de branches pour finir en paillage — les deux pratiques se complètent bien pour ne rien gaspiller de ce que le jardin produit.
L’erreur des graines de frêne
L’erreur la plus marquante, je l’ai faite avec les feuilles mortes de mon frêne à l’arrivée de l’automne. Je les ai mises au compost sans prendre le temps d’en retirer les graines. Résultat, au printemps suivant : des centaines de graines avaient germé dans mes parterres, partout où j’avais épandu le compost. Ça m’a pris un bon moment à tout retirer.
Les erreurs les plus coûteuses — et comment les éviter
Questions fréquentes
Comment obtenir un composteur gratuit ou pas cher ?
Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre intercommunalité avant d’acheter. De nombreuses collectivités — la Métropole Aix-Marseille-Provence par exemple — distribuent des composteurs gratuitement ou à prix réduit, parfois avec le choix entre un composteur classique et un lombricomposteur.
Faut-il arroser son compost en été dans le Sud ?
Oui, même à l’ombre. Sous la chaleur méditerranéenne, la matière sèche plus vite qu’ailleurs, et un compost trop sec cesse de se décomposer. Un arrosage léger et régulier en période de forte chaleur maintient l’activité des micro-organismes.
Quel emplacement choisir pour un composteur en climat méditerranéen ?
L’ombre, idéalement toute la journée. Un composteur en plein soleil dans le Sud sèche très rapidement, ce qui bloque la décomposition. Un emplacement contre un mur nord ou derrière une structure qui projette de l’ombre est préférable à un coin pratique mais ensoleillé.
Peut-on mettre des cendres de barbecue au compost ?
Oui, en petite quantité et uniquement des cendres de bois non traité — jamais de charbon de synthèse ou de résidus de briquettes chimiques. Elles apportent quelques minéraux utiles, mais ne doivent pas représenter une part importante du volume.
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost mûr ?
Avec un retournement régulier et un bon équilibre vert/brun, comptez généralement 6 à 12 mois pour obtenir un compost mûr et utilisable. Le compost fini a une texture homogène, sombre, sans odeur désagréable, et on ne distingue plus les éléments d’origine.
Peut-on mettre des feuilles mortes au compost ?
Oui, elles font d’excellentes matières brunes. Mais pour les arbres qui produisent des graines ou des samares (comme le frêne), mieux vaut trier les feuilles avant de les composter, sous peine de ressemer involontairement ces graines partout où le compost sera ensuite épandu. C’est ce que je fais des grandes feuilles de mon mûrier-platane : au compost, en couches fines.
Que faire si le compost sent mauvais ou attire les mouches ?
C’est généralement le signe d’un excès de matière verte humide (épluchures, tonte fraîche) sans assez de matière sèche pour équilibrer. Ajoutez du carton, des feuilles mortes ou d’autres matières brunes, et retournez le tas pour l’aérer — l’odeur et les mouches disparaissent en général rapidement.