Mes iris sont en place depuis octobre 2023, dans le grand massif du jardin, à Auriol. Deux variétés d’iris barbus, ‘Ambroise’ et ‘Fire Cracker’, plus une troisième dont je ne connais pas le nom. Ça faisait un moment que je voulais étendre la zone : c’est une plante pas très contraignante, qui fait de très jolies fleurs, et qui tient la chaleur comme les plantes résistantes à la sécheresse du reste du jardin. Cet automne, en les voyant toutes serrées, je me suis dit que c’était le moment.
Le 11 octobre, je les ai divisées pour la première fois. Je raconte ici comment je m’y suis pris, étape par étape et en photos, ce que j’ai appris en me renseignant (pourquoi on coupe les feuilles, à quelle profondeur replanter le rhizome), et le point sur lequel je ne fais pas comme il faudrait.

Quand diviser les iris ?
Les fiches s’accordent sur le rythme : tous les 3 à 5 ans, quand la touffe devient dense et que son centre fleurit moins. Pour la période, on lit presque partout « après la floraison, de juillet à septembre ». Le rhizome a alors le temps de refaire des racines avant l’hiver.
Dans le Sud, juillet et août tombent en pleine canicule. Replanter un rhizome qui vient de perdre la moitié de ses racines dans une terre sèche à 35 °C, c’est le mettre à rude épreuve. Mon calendrier d’entretien prévoyait juillet-août, je l’ai finalement fait mi-octobre. À ce moment-là, chez nous, la terre est encore chaude, les pluies d’automne arrivent, et les premières gelées n’arrivent pas avant novembre : les racines ont quelques semaines pour repartir.
Les signes que ma touffe était à diviser
Le premier, c’est ce qu’on voit : des éventails de feuilles serrés les uns contre les autres, sans place pour que la touffe s’étale.
Le second, je ne l’ai découvert qu’en m’y mettant. Je paille mes parterres de fleurs, donc je ne voyais pas les rhizomes. En enlevant le paillis, j’ai constaté qu’ils dépassaient de terre et se chevauchaient.

Les fiches ajoutent un troisième signe : avec les années, les vieux rhizomes du centre s’épuisent et ne portent plus de fleurs, si bien que la touffe fleurit en couronne.
Diviser les iris, étape par étape
1. Sortir la touffe
Je l’ai sortie avec une serfouette et mes mains gantées. Elle est venue facilement : les rhizomes d’iris courent juste sous la surface, il n’y a pas de grosse motte à arracher.

2. Séparer les rhizomes
Il y a deux façons de faire. Au couteau, à condition qu’il soit bien propre et désinfecté entre chaque coupe, pour ne pas transmettre une pourriture d’un rhizome à l’autre. Ou à la main, en cassant les rhizomes à leurs jonctions.
De manière assez globale dans ma vie, je choisis toujours les choses les plus simples, et je ne bascule vers les compliquées que si la simple n’a pas fonctionné. J’ai donc séparé à la main, et tout s’est bien passé.
Chaque éclat doit garder un morceau de rhizome ferme, des racines et son propre éventail de feuilles. J’ai jeté les vieux rhizomes du centre, ceux qui ne refleuriront pas. Un rhizome mou, creux ou qui sent mauvais se jette aussi.
3. Couper les racines de moitié

J’ai raccourci les racines de moitié. Elles s’étalent plus facilement dans le trou sans se replier, et le rhizome en refait de nouvelles dans les semaines qui suivent la plantation.
4. Raccourcir les feuilles en éventail

Je l’avais vu faire sur internet sans trop savoir pourquoi. En me renseignant, il y a deux raisons.
Un éclat qui vient de perdre une partie de ses racines n’arrive plus à alimenter de grandes feuilles. En les raccourcissant, on limite l’eau qu’elles évaporent le temps que les racines repartent. Ensuite, une feuille courte donne moins de prise au vent, qui sinon fait bouger le rhizome avant qu’il soit ancré. Avec le mistral, chez moi, ce deuxième point compte.
Les fiches conseillent de couper à mi-hauteur, ou à 15-20 cm, en biseau pour dessiner un éventail.
5. Replanter

Tous mes éclats sont retournés au même endroit, espacés de 25 cm. J’en ai profité pour mélanger ‘Ambroise’ et ‘Fire Cracker’ sur le parterre, pour mixer un peu les couleurs. Je n’ai pas eu d’éclats en trop, mais si ça m’arrive à l’avenir, je les mettrai sur d’autres zones du jardin.
25 cm, c’est serré : les fiches parlent plutôt de 30 à 40 cm. Je l’ai fait exprès, pour avoir une belle zone assez dense en prévision des années à venir, je ne vais pas les diviser tous les ans. Le revers, que signale l’université du Wisconsin : plus on plante serré, plus vite il faudra rediviser.
Le rhizome se pose à fleur de terre, le dessus visible, les racines étalées en dessous. On ramène la terre sur les racines, on tasse, puis on arrose légèrement pour que la terre colle aux racines. Mes iris sont sur le goutte-à-goutte du massif.

Le rhizome doit voir le soleil (et moi, je paille)
C’est le point sur lequel toutes les sources se rejoignent : le dessus du rhizome d’iris barbu doit rester à l’air et au soleil. Enterré ou couvert, il garde l’humidité et risque de pourrir. L’université du Wisconsin le dit sans détour : ne pas enterrer les rhizomes profondément, ni les couvrir de paillis.
J’ai bien replanté les miens à fleur de terre. Mais je paille partout, mes iris compris. Je ne dis pas que c’est une bonne pratique. C’est d’ailleurs sous ce paillis que je n’avais pas vu mes rhizomes remonter.
Faut-il couper les feuilles des iris le reste de l’année ?
La coupe en éventail, c’est pour la division et la plantation. Le reste du temps, c’est l’inverse : les feuilles vertes nourrissent le rhizome et préparent la floraison suivante, donc on les laisse.
Après la floraison, on coupe seulement les tiges défleuries, au ras du rhizome. Le feuillage reste en place jusqu’à ce qu’il jaunisse de lui-même. On retire alors les feuilles sèches, à quelques centimètres du rhizome, ce qui évite qu’elles pourrissent sur place pendant l’hiver.
Et le mistral ?
Cette année, mes iris ont fleuri, mais certains se sont fait décapiter par le mistral. Je n’ai rien tenté contre ça jusqu’ici. J’espère que le massif d’euphorbes à côté, planté côté vent, les protégera de plus en plus, et qu’en les divisant petit à petit, ils vont se protéger entre eux.
Les fiches préviennent aussi qu’un iris tout juste divisé peut fleurir moins le printemps suivant, le temps de s’installer. Pour le moment, tout s’est bien passé. On verra ce que ça donne au printemps.
Questions fréquentes
Quand diviser les iris ?
Tous les 3 à 5 ans, quand la touffe est serrée et que son centre fleurit moins. Les fiches conseillent juillet à septembre, après la floraison. Dans le Sud, l’automne (septembre-octobre) évite de replanter en pleine canicule.
Faut-il couper les feuilles des iris ?
Oui à la division ou à la plantation : on les raccourcit à mi-hauteur, en éventail, pour limiter l’évaporation et la prise au vent. Le reste de l’année, non : on coupe seulement les tiges fanées et on retire les feuilles une fois sèches.
À quelle profondeur planter un rhizome d’iris ?
À fleur de terre : les racines sous la surface, le dessus du rhizome visible et au soleil. Un rhizome enterré ou couvert de paillis risque de pourrir.
Quel espacement entre les iris ?
30 à 40 cm selon la vigueur de la variété. Plus serré, comme mes 25 cm, la zone se remplit plus vite mais il faudra rediviser plus tôt.
À lire aussi : 20 plantes résistantes à la sécheresse pour un jardin méditerranéen, pour composer un massif qui tient l’été.
Pour la vue d’ensemble : le guide complet du jardin méditerranéen dans le Sud rassemble tous mes articles sur le sujet.
Sources consultées pour les parties documentées : Jardiner malin (iris des jardins), Espace pour la vie (division des vivaces), Université du Wisconsin (dividing bearded iris), Missouri Botanical Garden.